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Soirée d'ouverture à l'Etrange festival

Pèlerinage immuable du mois de septembre, l'Etrange festival ouvre à nouveau ses portes pour une dizaine de jours de libations cinématographiques et a fêté en grandes pompes son 25e anniversaire sous l'égide du facétieux Jean-Pierre Dionnet pour une carte blanche de 5 films et la présence charismatique de Monica Bellucci.

 

Après un discours de circonstances où on retiendra surtout les mots de Dionnet, maître de Cinéma de quartier, "On est tous des enfants du Bis" et la grande classe à tous les niveaux de Miss Bellucci, la soirée fut lancée avec le court-métrage posthume Reruns de l'artiste néerlandais Rosto, décédé en mars 2019, auquel le festival rendait hommage. Ce dernier film d'une dizaine de minutes est visuellement très réussi. Reruns mélange diverses techniques d'animation pour raconter une sorte de rêve surréaliste empreint d'une poésie morbide racontant la vie de son auteur au travers de la musique et de son groupe.

 

Film d'ouverture et en compétition

 

Nekrotronic – Oz Ghostbusters – Australie – 2018 – Kiah Roache-Turner

Pitch : Attaqué par des démons qui envahissent le monde en se servant d’une application populaire pour smartphone, un jeune homme est sauvé par des chasseurs d’esprits maléfiques appelés, les Nekromancers. Rapidement, il découvre qu’il est peut-être l’Élu capable de combattre et détruire les démons.

 

De mémoires de festivaliers, on n'avait pas vu une ouverture de festival aussi sympathique depuis un paquet d'années. Une bonne humeur communicative en provenance d'Australie par un réalisateur auteur de courts-métrages et connu pour son long zombiesque Wyrmwood : Road of the dead. Toujours accompagné de son frère au scénario, Kiah Roache-Turner change de registre avec cette comédie fantastique qui s'apparente à une version Aussies du cultissime SOS fantômes. Une référence permanente et réussi au film d'Ivan Reitman si on la compare à l'infâme remake mercantile complètement ratée.

Nekrotronic vaut surtout pour sa première partie énergique et décomplexée où l'humour domine au milieu d'un monde science-fictionnel peuplé d'esprits maléfiques et de chasseurs de démons, les Nekromancers. On se croirait presque chez Sam Raimi et les effluves d'un Evil dead irisent cette petite production australienne. Des losers sont ainsi embringués dans une histoire rocambolesque où une certaine Finnegan (Monica Bellucci) tente d'aspirer les âmes humaines par le biais d'un jeu insidieux planqué dans les téléphones portables. Forcément, comme tout le monde est collé à son smartphone, l'application consistant à retrouver des fantômes et à les capturer dans une version horrifique de Pokemon go est un immense succès.

Sur cette base très casse-gueule, le réalisateur et son scénariste construisent un univers somme toute cohérent où le fantastique est pris au sérieux grâce à des effets spéciaux de grande qualité et une mise en scène dynamique. Du coup, l'humour potache s'insère parfaitement à l'entreprise, notamment avec le décalage du personnage de l'élu Howard North (Ben O'Toole) et son ami sidekick Rangi (Epine Bob Savea). La découverte des pouvoirs d'Howard et les confrontations avec les démons sont plutôt bien rendues. Si la première partie est fraîche et sans temps morts, le rythme redescend quelque peu par la suite malgré l'enthousiasme des comédiens (on reconnaît David Wenham, Faramir dans Le Seigneur des anneaux) et une action rondement menée.

La deuxième partie est ainsi plus classique dans son déroulé, l'esprit de bande-dessinée a un peu disparu au profit de séquences d'action, mais le long-métrage tient bon le manche grâce à des maquillages, des costumes et quelques scènes un peu dingos comme l'explosion d'une tête. Malgré ces quelques scories, on peut saluer la qualité globale du long-métrage qui fait la nique à pas mal de productions hollywoodiens alliant fantastique et comédie si l'on pense à RIPD : Brigade fantôme et bien d'autres longs-métrages inodores. Car il ne faudrait pas prendre Nekrotonic pour ce qu'il n'est pas, un pamphlet sur les réseaux sociaux ou une réflexion philosophique à la Matrix proche de l'univers du film. C'est avant tout un divertissement sans complexe qui prend possession avec délectation de Ghostbusters ou Fantômes contre fantômes de Jackson avec l'esprit d'un Jack Brooks : tueur de monstres. Pas si mal et pari tenu.

 

4/6

 

 

Bliss – Drugs, Sex and Blood – USA – 2018 – Joe Begos

 

En compétition

 

Pitch : Frappée par un blocage créatif, la belle Dezzy est en proie à un doute existentiel doublé d’un alcoolisme grandissant. Tout dérape lors d’une virée dans les bas-fonds nocturnes de Los Angeles avec son amie Courtney...

 

A l'image de son avertissement en début de film pour les personnes épileptiques et après un problème de projecteur ayant retardé la séance, Bliss a tenu toutes ses promesses dans tous les sens du terme. A la fois irritant et fascinant, le dernier essai de Joe Begos, connu pour son gorissime et SF Almost human, ne fait pas dans la demie mesure. Il suit la descente aux enfers d'une artiste peintre Dezzy (Dora Madison) sans inspiration qui est obligé de s'immerger littéralement dans les paradis artificiels afin de continuer à créer.

Comme annoncé dans la présentation, Bliss s'inspire d'un cinéma indépendant américain urbain et underground des années 70 pour le Martin de Romero ou des années 90 comme The addiction d'Abel Ferrara. Des influences notoires prégnantes dans le film de Begos dont le centre névralgique serait la difficulté d'exister dans le monde de l'art sur la côte Ouest. De là à s'enfoncer le nez dans la drogue, il n'y a qu'un pas que franchie Dizzie avec fougue, entraînée par un couple encore plus chtarbé Courtney et Clive. Sex et Drugs sont donc au programme de soirées dans les bars et recoins d'un Los-Angeles interlope où se côtoie une faune bien allumée, dont l'excellent Jeremy Gardner (The battery).

Joe Bégos également au scénario, suit les errances de son héroïne au plus près, la caméra s'immisçant et l'accompagnant dans ses excès jusqu'à la nausée par le biais d'images saturées et stroboscopiques souvent impossibles à suivre. En cherchant l'inspiration, Dizzie tombe sur une autre addiction suite à la morsure de Courtney. Désormais, l'artiste déchue ne pourra plus travaillée à l'immense tableau qui orne le mur de son appartement que grâce à l’adsorption de sang frais. Certainement la meilleure idée d'un film tourné en 16 mm lui donnant un grain vidéo suranné et adapté à l'univers froid et terne dépeint.

Bliss bascule alors dans le film d'horreur brut et sans ambages. Le besoin de sang et de drogue se mélangent dans un ballet de séquences gores et quelquefois illisibles qui rendent le film aussi bien dérangeant que réussi. A la fin de la projection, difficile d'avoir un sentiment affirmé sur Bliss. L'idée de la réalisation du tableau sans que Dizzie n'ait aucun souvenir est intéressante mais elle est contrebalancée par une proposition de cinéma qui, sur la longueur, épuise le spectateur. La sensation finale est à l'image de la conception de la toile. Comme Dizzie, on se sait plus comment on a atterri là, si on a aimé ou détesté. A la différence d'elle, on ne se réveille pas nu et recouvert de sang tous les matins. C'est déjà ça...

 

3,5/6

 

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