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5e jour à l'Etrange festival

 

Pendant que les églises dominicales font le plein, votre fidèle serviteur investit les salles obscures pour vénérer 4 nouveaux films avec la comédie horrifique coréenne The odd family : Zombie on sale, le thriller américain en forme de huis-clos 1 BR, le classique et atmosphérique australien Walkabout de Nicolas Roeg et pour finir une journée bien chargée, le thriller coréen de plus de 2h20, Idol. Amen.

 

 

THE ODD FAMILY : ZOMBIE ON SALE – Zombcom – 2019 - Corée-du-Sud - Lee Min-jae

 

En compétition

 

Pitch : Dans un petit village coréen, un groupe pharmaceutique mène des expériences dans le plus grand secret. Malheureusement, l’une d’elles redonne vie à des personnes récemment décédées qui reviennent au monde sous forme de zombies. Mais lorsqu’un vieillard mordu retrouve une virilité d’adolescent, tous les anciens du village cherchent à se faire croquer.

 

Généreux est l'adjectif qui semble le plus approprié pour définir le premier film de Lee Min-jae, notamment dans son entame hilarante et voyant l'arrivée d'un jeune homme transformé en zombie suite à des essais réalisés par une société pharmaceutique. Une première heure joyeuse et extrêmement drôle entretenue par le décalage entre ce personnage de zombie finalement pas très méchant et adepte des laitues face une famille qui tient la station-service d'un village.

On se croirait presque chez un cousin de Shaun of the dead tant la figure du mort-vivant se confond avec certains personnages ou passe inaperçu hormis pour un chien qui n'a de cesse de le poursuivre. Humour et bonne humour sont donc au rendez-vous surtout que suite à une morsure, le patriarche de la famille retrouve une nouvelle jeunesse entraînant dans son sillage tous les vieux du quartier en quête d'un regain d'énergie. Un des fils de la famille utilise alors de façon mercantile le jeune zombie lors de séquences dignes de Buster Keaton qui nous renvoient à Cocoon. Le ton est donc à la potacherie réussie proche du fonctionnement familial de The host avec la mère enceinte violente, le père couard et la fille attirée par cette créature mutique et attachante.

Dans sa deuxième partie, le film bascule dans le zombie movie et perd son originalité malgré une énergie toujours présente et un sens du rythme. Certainement un peu trop long, il est également ralenti par des musiques et des séquences de romance inhérente au cinéma coréen. Néanmoins, The odd family reste sympathique sur la durée grâce à son casting de joyeux drilles et ses trouvailles en terme de comédie pour relancer l'intrigue jusqu'à une dernière séquence à l'image du début du long-métrage.

 

4/6

 

 

1 BR – Crise du logement - USA – 2019 – David Marmor

 

En compétition et en présence de l'équipe du film

 

Pitch : Fraîchement débarquée à Los Angeles, Sarah s’installe dans un appartement au complexe Asilo Del Mar, et fait la connaissance de son voisinage hétéroclite mais soudé. La jeune fille a d'abord du mal à s’intégrer, et refuse notamment les avances de Brian, un voisin de palier.

 

Difficile d'aborder ce résumé sans déflorer l'histoire qui se résume à l'arrivée de Sarah (Nicole Brydon Bloom) dans une résidence pour louer un appartement. 1 BR est un huis-clos qui se déroule exclusivement dans ce monde feutré où tous les voisins semblent excessivement gentils et les vieilles dames adorables. Séduite, Sarah obtient les clés pour entrer dans cette communauté semble-t'il très soudée. Evidemment, c'est le moment où les ennuis commencent pour la jeune fille qui a du mal à trouver le sommeil du fait de bruits de tuyauterie pendant la pleine nuit, des difficultés à son boulot et des relations conflictuelles avec son père. Un terreau propice au changement.

Avec ce premier film, David Marmor (présent dans la salle avec son actrice) décrit les travers d'une Amérique conservatrice, en l'occurrence située à Los-Angeles, cherchant une forme de retour à des valeurs communes afin de se sortir des contingences du monde réel. Une parabole qui fait monter la tension crescendo et malmène son actrice principale lors d'une scène bien méchante et sanglante. Maîtrisé de bout en bout grâce à une mise en scène efficace, 1 BR réussit le pari de l'originalité, du suspense et se paye le luxe de ne pas ennuyer sur une durée assez courte (1h25) malgré son concept initial tout en distillant un discours pas si éloigné de ceux que l'on peut entendre dans certaines sphères de la société.

Ce premier essai tape dans le milieu en extrapolant avec outrance la question de la crise du logement, du vivre ensemble et de certaines personnes qui tentent de profiter de la crédulité et du mal être de nos sociétés pour instiller un mal plus insidieux que la douleur physique, la peur. La dernière séquence est également à la hauteur de l'ensemble du film et nous renvoie au magnifique The invitation de Karyn Kusama en 2015 pour celles et ceux qui se souviennent de sa projection à l'Etrange festival.

 

4,5/6

 

 

WALKABOUT – Trip naturel – Australie/Angleterre - 1971 - Nicolas Roeg

En présence de Warren Ellis

 

Pitch : Une adolescente et son jeune frère se retrouvent seuls au beau milieu du bush australien. Ils vont rencontrer un jeune aborigène, alors en plein rituel initiatique, et vont le suivre.

 

Dans le cadre des 25 ans du festival, Warren Ellis, notamment compositeur de musique de films allant de The proposition à Mustang, a présenté ce film qui représente beaucoup pour lui en tant qu'australien. Un discours solaire à l'image de ce long-métrage complètement à part, une sorte de voyage intérieur par le truchement de ce trio errant dans le bush australien.

Le fait que le film soit tourné par un anglais apporte une autre résonance à Walkabout, le rend encore plus intéressant car il donne une vision extérieur à cet immense pays à la fois désertique et urbain. D'autant plus quand c'est Nicolas Roeg qui prend la caméra pour filmer ces majestueux paysages rocailleux sous un soleil de plomb ou ces oasis verdoyants sortis de nulle part. Avec ce deuxième film, le futur réalisateur de Ne vous retournez-pas ou L'homme qui venait d'ailleurs signe une œuvre magistrale empreint de mysticisme et de retour à une forme de pureté transcendantale, symbolisée par le début du film montrant la dichotomie entre la société urbaine et une nature encore vierge.

Entre documentaire et fiction, le film bascule avec la fuite d'une jeune fille et de son petit frère suite au pétage de plomb de leur père. Perdus dans le désert, ils font la connaissance d'un jeune aborigène qui est en train de faire de son « walkabout », sorte de rite initiatique où il doit rester seul dans la nature pendant 6 mois. Un attelage hétéroclite et symbolique entre ces colons blancs et cet autochtone juvénile et sans a priori. Comme dans un rêve, les trois êtres se baladent sur cette terre dominés par les animaux. Nicolas Roeg filme régulièrement diverses espèces et n'hésite pas à montrer le jeune homme chasser et tuer sans acrimonie et de manière naturelle juste pour sa subsistance.

Porté par une musique envoûtante de John Barry, le long-métrage est un véritable voyage initiatique vers des contrées encore inexplorées, dénués de rancœur mais où les deux civilisations s'affrontent pour l'utilisation des richesses du pays. Pendant la durée de leur pérégrination, la jeune fille (évanescente Jenny Agutter) et son frère (Luc Roeg, le propre fils du réalisateur) et l'aborigène (David Gulpilil, The last waves) forment une entité enchantée proche de l'imaginaire du jardin d'Eden. Car ces citadins occidentaux font aussi leur « walkabout » en pénétrant un univers inconnu à la fois hostile et merveilleux. Ils sont presque les nouveaux Adam et Eve, nagent nus et semblent en adéquation avec la nature alentour (on pense au Lagon bleu) même si la réalité se rappelle à leur souvenir imperceptiblement.

Walkabout s'avère une œuvre cruciale et fait écho au cinéma australien de cette époque que se soit Pique-nique à Hanging-Rock ou Wake in fright. Le film dépeint une Australie austère et sauvage aux frontières du réel, scindée entre l'étau de la modernité et de la naturalité qui ont bien du mal à coexister. Nicolas Roeg filme ainsi cette beauté virginale contrebalancée l'instant d'après par la violence de la mort d'un animal comme pour montrer l'ambivalence des deux mondes. Une récurrence dans le cinéma australien de cette époque qui nous renvoie aux préoccupations écologiques de Long-week-end (Colin Eggleston, 1978). Bien longtemps après la séance, on attend encore les sons mécaniques de la ville, on repense à ces plans magnifiés par la caméra de Roeg et au trio de personnages naviguant sur une terre offerte à leur songe comme une parenthèse encore enchantée.

 

5/6

 

 

IDOL – Thriller à rallonge – 2019 - Corée-du-Sud - Su-jin Lee

 

En compétition

 

Pitch :Réticent à compromettre sa carrière politique naissante, Koo Myung-hui est bien embêté lorsque son fils commet un délit de fuite et ramène au domicile de ses parents le corps de l’homme qu’il a renversé.

 

Avec Idol, Su-jin Lee, pour son deuxième film après A cappella en 2014, explore une autre facette de la Corée-du-Sud, celle de la politique et des luttes de pouvoir par le biais du thriller à tiroirs. Dans un accident de la circulation, le fils d'un politicien en vu tue un homme et s'enfuit. Sauf qu'il ramène le corps dans son garage, sa mère se chargeant de le faire disparaître. Une histoire de famille qui part en vrille à l'instar des parents du mort bien décidés à élucider ce mystère.

Sur ce postulat assez simple, le réalisateur construit un scénario alambiqué en développant plusieurs sous-intrigues à commencer par le combat entre les deux pères suite au visionnage de caméras de surveillance. Il semblerait qu'un témoin se ballade dans la nature et que la femme du politicien n'ait pas tout dit. Si le scénario est posé avec une certaine maestria, il s'avère plombé par un entrelacs interminable de dialogues explicatifs et de rebondissements en multipliant les personnages au sein d'une intrigue particulièrement alambiquée.

Avare en séquence d'action, Idol traîne sur les terrains balisés du polar dans sa seconde moitié avec quelques sursauts sanglants voire ultra-violents et parvient à maintenir par instant l'intérêt mais la fatigue aidant et les sous-titres en anglais parfois aléatoires auront tôt fait d'achever votre serviteur. Visiblement, je n'étais pas le seul à me dandiner sur mon siège pour trouver la meilleure position et ne pas avoir tout compris de cette histoire à multiples énigmes serti dans un écrin de 2h24 ! Tous les charmes d'un certain cinéma coréen qui joue les prolongations.

 

3/6

 

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