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Jour 8

Une journée difficile aujourd'hui avec un film russe expérimental de 3h qui, en fin de journée et de festival a eu du mal à passer facilement... sans compter que la journée avait débuté avec un mauvais slasher allemand. Heureusement, un petit nanar très drôle et pleins de rednecks idiots est venu nous rafraîchir en ce jour ensoleillé.

 

 

RADIO SILENCE – Slasher – Allemagne – 2012 – Marco Riedl et Carsten Vauth

 

Radio silence est un slasher allemand totalement convenu dans sa réalisation, son histoire et qui empile tous les poncifs du genre. L'idée de départ avec l'animateur radio qui écoute le tueur en direct rappelle l'excellent film canadien Pontypool ou, dans une certaine mesure les scènes de radio de The lords of Salem de Rob Zombie.

Pour le reste, Radio silence est le prototype de film qui fait tout ce qu'il ne faut pas faire. Il ne fait jamais peur, malgré les jumps scares et les rebondissements vers la fin du métrage. On s'ennuie poliment devant cette tentative de film de trouille allemand qui n'apporte finalement rien au genre. Les situations sont téléphonées et prévisibles, même le tueur chauve est ridicule dans son cabotinage incessant.

Le film est extrèmement bavard et la mise en scène très basique, voire redondante avec des travellings répétitifs devant l'animateur de radio. La musique, dans un style très slasher, tente de relever le niveau mais son côté artificiel et sans surprise appuie trop lourdement les scènes censer nous effrayer.

Malgré quelques plans gores, un bras et une main coupés, le film ne possède aucune originalité. L'enquête du vieux flic aidé par un petit chien est mollassonne comme un épisode de Derrick, à l'image d'un film pas vraiment crédible, et ce n'est ce twist post-générique qui sauvera l'ensemble. Un film vite vu (enfin façon de parler) et vite oublié.

 

Note : 2 / 6

 

 

BLASTFIGHTER, L'EXECUTEUR – Action – USA – 1984 – Lamberto Bava

 

En marge du film, Maxime Lachaud, auteur d'un gros pavé intitulé Redneck movies : Ruralité et dégénérescence dans le cinéma américain qui devrait être édité bientôt, est venu présenter cette carte blanche. Un film qui lui est cher et qu'il a introduit avec brio et humour en racontant des anecdotes autour de la figure du redneck et de ce film qui, à la base devait être un post-apo tourné par Lucio Fulci !

 

Pitch : Un ancien flic, à sa sortie de prison, retourne seul dans son village natal, décidé à redevenir un homme libre. Mais très vite les habitants lui sont hostiles et lui cherchent des ennuis. Un incident avec des jeunes chassant des animaux, est le point de départ d'une nouvelle chasse à l'homme où cette fois il défend sa peau et celle de sa fille.

 

Blastfighter, l'exécuteur est un bon petit nanar tourné en Géorgie, fait par un italien, Lamberto Bava (Démons 1 et 2) qui utilise ici un pseudonyme John Old Jr (!?!). Un grand moment de confrontations entre un ancien flic qui a vu sa femme se faire tuer et une bande de redneck dégénérés, adepte du fusil et chasseurs viandards qui accumulent les trophées. Le tout dans une VF très drôle, utilisant des mots très français (« agaceries », « les poulagas »), et qui mettent encore mieux en valeur les dialogues à l'emporte pièces du film.

Le film s'apparente à une course-poursuite entre le flic et sa fille contre des dizaines de rednecks près à en découdre. Une sorte de Delivrance qui aurait rencontré The Exterminator (1980) de James Glickenhaus avec son ancien soldat du Vietnam qui se fait justice lui-même à coups de lance-flamme. Car, le flic a récupéré une arme de guerre à la technologie hyper développée qui envoie des balles de tous calibres et même des roquettes. Grimé comme Rambo, il va faire exploser tout ce beau monde dans un déluge de feu et d'explosions des plus réjouissants.

Au casting de cet incunable nanardesque, on retrouve Michael Sopkiw aperçu dans 2019 après la chute de New-York en flic moustachu et délivreur de tatanes et ce bon vieux Georges Eastman (Atomic Cyborg en autre et ami anthropophage de Rigs et Max...) qui promène sa carrure imposante de patriarche, et qu'on retrouvera pour l'affrontement final.

Un excellent moment de rigolade entre festivaliers pour ce film très agréable à suivre dans les scènes d'action, à l'humour involontaire servi par des dialogues aux petits oignons, dignes d'une double séance lors d'une soirée Bis à la Cinémathèque.

 

Note : 5 / 6

 

HARD TO BE A GOD – ??? – Russie – 2013 – Alexeï Guerman

 

Pitch : Un groupe de scientifiques est envoyé sur Arkanar, une planète placée sous le joug d’un régime tyrannique à une époque qui ressemble étrangement au Moyen-Âge. Tandis que les intellectuels et les artistes sont persécutés, les chercheurs ont pour mot d’ordre de ne pas infléchir le cours politique et historique des événements. Le mystérieux Don Rumata à qui le peuple prête des facultés divines, va déclencher une guerre pour sauver quelques hommes du sort qui leur est réservé…

 

Heureusement que le pitch était là pour comprendre un film totalement hermétique pour un non-initié. N'ayant jamais vu un film de Guerman, et après une présentation qui nous a décrit le film comme un mélange de Tarkovski, Kubrick et Jodorowsky, on ne pouvait que s'attendre à une œuvre brillante.

Il est difficile d'être un Dieu est l'adapation d'un livre de SF culte en Russie d'Arkadi et Boris Strougatski. Tourné en plusieurs fois et sur plusieurs années, le film est une expérience très bizarre et déroutante qui dure quand même 2h50 ! Et pendant tout ce temps, on suit les errements d'une société primites avec à sa tête un homme qui se fait passer pour un Dieu. Tout le film est résumé dans cette phrase...

Car, porté par une caméra littéralement collée contre la tête des acteurs (certains passent devant, d'autres la fixent) le film est construit sur de longs plans séquences où on voit les personnages cracher, vomir, se frapper et déclamer des dialogues qui n'ont aucun sens, dans un noir et blanc brumeux sous une pluie permanente et dans une boue remplie de merde.

Je lis partout que c'est un chef-d'oeuvre du cinéma, c'est donc que je suis très con ou que je n'ai pas eu les clés pour pénétrer ce film hermétique et abscon qui ne raconte rien ou presque en 3 heures de métrage. Une expérience très loin de Kubrick ou Tarkovski (le film n'est pas contemplentatif) filmée comme un huis-clos, quasiment sans plan de paysage extérieur. Un film qui m'a semblé très vain dans son propos et dans sa forme.

Une expérience visuelle qui a largement sa place à l'Etrange festival mais aussi dans un musée d'art contemporain. Je suis partie au bout de 2 heures quand j'ai compris qu'il ne se passerait rien de plus qu'une répétition de scènes difficilement compréhensibles... quelquefois, il est difficile d'être un spectateur.

 

Note : 2 / 6

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Commentaires: 6
  • #1

    Rigs Mordo (vendredi, 12 septembre 2014 14:20)

    Le film russe va bientôt (enfin bientôt...) se faire éliminer de la course du "pédant chiant" avec le film Ambiancé (film suédois) qui durera 250 heures et sortira en 2020 (avec un trailer long de 72 heures et un court de 75 min!). Autant dire que je préfère un bon truc à la Blastfigter (merci pour la dédicace!) qui a l'air bien fendard, faudra que j'essaie de voir ça! Comme quoi, on peut toujours compter sur le bis italien pour sauver une journée foutue en l'air par les russes (et un peu les allemands, visiblement) :)

  • #2

    laseancearoggy (vendredi, 12 septembre 2014 16:20)

    Comme tu le dis, heureusement qu'un bon bis américano-italien vient nous redonner de la joie :) Si tu as vu la dédicace, c'est que tu lis mes chroniques en entier :) c'était pour vérifier ! Je pense aussi que je vais passer mon tour pour le film suédois...

  • #3

    Dirty Max 666 (samedi, 13 septembre 2014 16:48)

    Blastfighter, chouette ! Les rétrospectives de cet étrange festoche ont vraiment de la gueule. Après un Peter Hyams assez rare (Busting avec Sid Haig !), voilà maintenant du bis bourrin signé Bava Jr . Un bien beau programme. Et merci aussi pour la dédicace, Roggy !

  • #4

    laseancearoggy (samedi, 13 septembre 2014 21:26)

    De rien Max, je savais que tu allais apprécier :) Et, comme tu l'écris, toute la programmation envoie du lourd y compris les rétrospectives avec ce Blastfighter de haute estime. Une super séance ! Et, encore je n'ai pas pu assister à Dolemite et sa suite...

  • #5

    alice in oliver (mardi, 16 septembre 2014 08:07)

    Pour the blastfighter, ce n'est pas Michael Spokiw mais Michael Sopkiw ! Mais qu'es tu devenu ???

  • #6

    laseancearoggy (mardi, 16 septembre 2014 18:59)

    Merci pour l'erreur que j'ai modifiée. Apparemment, il n'a plus tourné depuis 1985 et se serait tourné vers la médecine par les plantes... Différent d'un film Cannon :)