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Jour 9

Avant-dernière journée à l'Etrange avec encore un menu gastronomique en provenance de plusieurs contrées exotiques. En entrée du documentaire israelo-américain (TheGo-Go boys), suivi d'un slasher belge (Cub), d'un polar anglais (Hyena) et pour finir, en dessert, un petit film de vampire américano-iranien (A girl walks alone at night).

 

 

THE GO-GO BOYS – Documentaire – USA – 2014 – Hilla Medala

 

The Go-Go boys est un documentaire sur l'épopée de deux israéliens venus faire du cinéma à Hollywood en fondant la mythique firme Cannon. Il montre ainsi comment les deux cousins, Menahem Golan et Yoram Globus, ont gravi les marches de la gloire dans le monde entier jusqu'à leur effondrement. Partis d'Israël après que Menahem Golan a réalisé des films qui ont eu des prix et du succès localement, ce dernier est rejoint par son cousin aux States.

Le film, assez hagiographique (il a été officiellement adoubé par les deux moguls qui racontent ici leur vie), retrace leur début et leur entrée dans le monde du cinéma, est à la fois tendre et drôle notamment lors de négociations pour tourner un film ou récupérer un acteur. D'ailleurs, ces derniers racontent comment ils étaient engagés comme l'anecdote très fameuse avec Jean-Claude Vandamme. Le film montre le rapport entre les deux personnages, dominé par Menahem, autoritaire et toujours prêt à investir pour faire des films et un Yoram, tenant les cordons de la bourse, plus effacé et subissant sans rien dire.

Après des débuts timides, débute alors les années de gloire au sein de la prolifique société de films qu'ils géraient en commun. Menahem choisissait les scénarios, les acteurs et les réalisateurs, et Yoram s'occupait de trouver les fonds. Une époque révolue où ils produisaient jusqu'à 40 films par an, avec des stars sur le retour comme Charles Bronson, Lee Marvin ou en devenir comme Michael Dudikoff ou JCVD. Une façon de faire des films pour pas un rond au sein d'une industrie hollywoodienne, qui se cristallisait par leur prédominance au marché du film pendant le festival de Cannes, où les Go-Go boys vendaient des titres de films et des projets pas encore tournés !

Le documentaire est entrecoupé d'extraits de films comme les incunables Invasion USA ou Over the top avec un Stallone payé 10 M de dollars pour un bide au final. Un âge d'or du cinéma pendant lequel, et on l'oublie souvent, ils produiront aussi Cassavettes, Zeffirelli et Jean-Luc Godard. La fin du film montre comment leur fortune collossale sera engloutie dans des investissements risqués, comme le rachat de EMI en Angleterre jusqu'à la disparition de la firme Cannon.

Aujourd'hui revenus en Israël (Menahem Golam est décédé le 8 août dernier) le film montre que Yoram a investi dans des studios et que Menahem avait toujours des projets et des scénarios sur sa table, croyant être encore capable de décrocher un Oscar. The Go-Go boys est donc un documentaire très émouvant, nostalgique souvent très drôle, dû à la mégalomanie de Menahem avec sa myriade de projets en suspend, reflet d'une époque disparue.

Un autre documentaire, non officiel, existe sur le même sujet Electric Boogaloo.

 

Note : 4 / 6

 

CUB – Slasher – Belgique - 2014 – Jonas Govaerts

 

Cub est une espèce de petit survival belge flamand se déroulant dans une forêt où des scouts se retrouvent aux prises avec des rednecks locaux, dont un enfant sauvage. Un pitch de base très simple pour un film moins original qu'on ne pouvait s'y attendre.

Le film possède plusieurs points positifs comme une très belle photographie et une ambiance très réussies à la fois inquiétante et comique avec l'apparition d'un policier au bide proéminent juché sur une vieille mobillette au milieu de la forêt. On serait presque chez Bruno Dumont tant le film flirte avec le côté social, notamment lorsque la bande de scouts se retrouve face à deux belges francophones. Le réalisateur en profite pour les présenter comme de gros dégénérés (la rivalité est toujours là visiblement).

Pour le reste, si la situation de base est complètement irréaliste (mais que foutent ces deux personnages dans la forêt belge comme s'ils étaient au milieu du désert américain !) elle est propice à de bons moments liés à la confection de pièges artisanaux à la façon d'un Saw. La meilleure scène étant celle où les arbres s'abattent sur le chef de meute. A noter aussi le sort fait à certains enfants et des passages très sanglants impliquant ces mêmes enfants.

En revanche, Cub n'est pas révolutionnaire dans son déroulement, même très prévisible sur la fin (le petit garçon au masque de l'affiche apparaît très vite). On est dans un film à l'atmosphère proche de la série des Detour mortel, et de tout ce pan de slasher forestier sans jamais arrivé à les dépasser. La dernière demi-heure passe la vitesse supérieure dans les meurtres et le sang avec quelques passages qui vont piocher du côté de The Descent et des slasher des années 80.

Un film de drive-in qu'il faut voir entre potes (ou en festival) avec des bières et des chips et ne pas trop réfléchir. Le film aurait pu être différent au final s'il avait mieux développé les personnages.

 

Note : 4- / 6

 

HYENA – Polar – UK - 2014 – Gerard Johnson

 

Hyena est un polar sombre et tendu influencé, d'après le réalisateur venu présenter son film, par les films policiers français, leur travail et leur quotidien dans les brigades.

Une plongée aux enfers pour une équipe de flics corrompus, adeptes de la fumette, des rails de coke et du trafic de drogue. Une troupe menée par Michael (excellent Peter Ferdinando) pris dans un engrenange de deals avec des truands et avec une enquête de la police des polices sur le dos. Sa vie prend encore un tournant quand il assiste au meurtre d'un de ses complices turcs avec lequel il avait l'intention de conclure une grosse affaire. Un meurtre sanglant par des Albanais et qui sera le début des problèmes.

Hyena possède le charme de ses productions anglaises que l'on trouve notamment dans les séries, où se cotoient différentes communautés ethniques. Entre trafic de drogues, prostitution et violence, Gerard Johnson décrit un monde où même la police est malade, gangrenée de l'intérieur et accoquinée au milieu. Une faune cosmopolite à la machette facile (le turc est littéralement découpé) et un flic est même réduit en morceaux par des albanais dans une baignoire qui nous renvoie directement aux personnages de Cronenberg dans Les promesses de l'ombre.

Une ambiance pesante, sans espoir à la mise en scène et à l'interprétation de qualité qui semble sans rémission aucune dans un Londres loin des cartes postales. Hyena est donc une réussite malgré une fin frustrante comme s'il manquait une conclusion.

 

Note : 5 / 6

 

 

A GIRL WALKS ALONE AT NIGHT – Fantastique – USA/Iran - 2014 – Ana Lily Amirpour

 

Pitch : Dans la ville étrange de Bad City, lieu de tous les vices où suintent la mort et la solitude, les habitants n’imaginent pas qu’un vampire les surveille. Mais quand l’amour entre en jeu, la passion rouge sang éclate…

Encore un OFNI à l'Etrange avec ce film de vampire tourné dans un village américain semblant se situer au Moyen-Orient, réalisé par une iranienne et produit par Elijah Wood.

Et, force est de constater que ce film est une petite perle tournée au milieu d'un village paumé américain, dans un très beau noir et blanc à l'ambiance surréaliste grâce à une bande son merveilleuse collant parfaitement aux situations. Une atmosphère à la limite de la bande-dessinée et du film noir américain jouée par des acteurs iraniens avec une vampire.

Une vampire vêtue toute en noir entre la cape et la burka qui lui donne une allure étrange et fantômatique. La nuit, elle se ballade dans les rues, et au grè de ses rencontres, elle assouvit ses penchants mortels en fondant sur ses proies. La réalisatrice ne cache rien de ses actes. Elle arrache un doigt à sa victime lors du 1er meurtre. Mais, là n'est pas le propos.

A girl walks alone at night possède une patine particulière, un mélange tout à fait réussie, à l'image de la musique métissée et merveilleuse qui accompagne en permanence une histoire très bien mise en scène. De longs plans qui rappellent des planches de comics, et qui tend aussi vers l'histoire d'amour.

Un film qui dit beaucoup de choses sans être didactique et on pourra y voir une réflexion sur la place des femmes dans la société, sur leur rapport aux hommes. Un film étrange à l'atmosphère envoûtante, porté par des musiques électro et traditionnelles. A découvrir.

 

Note : 5 / 6

 

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Commentaires: 4
  • #1

    Rigs Mordo (samedi, 13 septembre 2014 14:51)

    Bon ben on a là une fournée intéressante visiblement. Les quatre semblent bien cools, le docu me branche fameusement, un slasher belge je dois voir ça (surtout si les francophones, mes congénères, sont montrés comme des débiles lol), le Hyena a une pochette franchement belle qui ramène aux années 80 et le dernier semble avoir un coté "film des années 20" à te lire qui n'est pas pour me déplaire... Encore du super boulot Roggy, dommage que ça se termine !

  • #2

    laseancearoggy (samedi, 13 septembre 2014 21:23)

    Dommage pour toi surtout visiblement ! Mais sérieux je commence aussi à fatiguer et trouver les mots commencent à devenir un peu dur pour rédiger mes chroniques :) C'est que c'était une journée intéressante pleine de surprises.

  • #3

    Avel (jeudi, 02 octobre 2014 12:51)

    Ici je retiens surtout le film de Vampire :) Je ne dis pas non à un film fantastique, surtout quand il met en scène une créature de la nuit tout en sortant des sentiers battus.

  • #4

    laseancearoggy (jeudi, 02 octobre 2014 19:06)

    Pour le coup, ce film de vampire (qu'on peut aussi interpréter de plusieurs façons) est une vraie pépite et je conseille aussi la bande-son excellente.