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5e jour au PIFFF

Le dimanche, tout le monde ne va pas à la messe mais certains se pressent au PIFFF pour découvrir une nouvelle flopée de longs-métrages. Du japonais Vise de Yasuhiko Shimizu, au culte Battle royale de Kinji Fukasaku, en passant par le thriller américain I see you d'Adam Randall, pour terminer sur le super-héroïque indonésien Gundala de Jako Anwar. Bref, du sacerdoce pour un dimanche.

 

VISE – Japon - 2019 - Yasuhiko Shimizu

 

En compétition et en présence des acteurs

 

Pitch : Un beau chirurgien esthétique ténébreux surfe avec bonheur sur le diktat de la beauté et son accoutumance. Il vend à ses clientes le rêve d’un visage idéal, sans leur préciser vers quel outil chirurgical va sa prédilection. Il faut souffrir pour être belle, certes, mais à ce point ?

 

Il fallait bien la présence de deux acteurs de long-métrage japonais pour donner une étincelle de vie à cette première séance de la journée. Takumi Saitoh qui joue le chirurgien et son assistant Nagano (un petit comique à la coupe de cheveux improbable qui a fait le show sur scène) étaient donc présents pour introduire ce premier film de Yasuhiko Shimizu. Présenté comme le successeur de Sono Sion et Takeshi Miike, Shimizu accouche un long-métrage très étrange surtout dans sa deuxième partie.

Le film commence comme une dénonciation du diktat de la beauté quand une jeune femme cherche à se faire affiner le visage pour ressembler aux modèles qui s'affichent sur les murs. Alors qu'elle n'a visiblement aucun problème physique, elle se persuade de franchir les portes d'une clinique esthétique pour se faire allonger la face et le menton. Malheureusement, elle tombe sur un Docteur très particulier pratiquant son art avec un simple étau accompagné d'un infirmier aveugle. Elle en ressort défigurée et très perturbée. Si cette entame à la fois drôle et dénonciatrice des méfaits de la société médiatique et des réseaux sociaux se laisse regarder, la suite tombe dans une cinématographie arty non-sensique.

La narration disparaît alors au profit de scènes décalées aux frontières du surréalisme qui laissèrent pantois votre serviteur devant un tel spectacle qui s'enferre dans un esthétisme profondément hermétique. Le scénario disparaît d'un coup et ne raconte plus grand-chose entre humour malvenu et séquences sans grand intérêt. Le film de Yasuhiko Shimizu tombe de fait dans l'ennui comme si la machine tournait à vide, d'autant plus que la photographie très vidéo amplifie ce sentiment de vide sur l'écran. Bref, difficile de défendre ce long-métrage aux intentions incompréhensibles qui a visiblement séduit une partie du public resté pour applaudir les invités. Tant mieux pour eux...

 

2/6

 

 

BATTLE ROYALE – Japon – 2000 - Kinji Fukasaku

 

Séance culte

 

Pitch : Quarante élèves de la même classe se réveillent sur une île, où ils sont “accueillis” par l’un de leurs anciens professeurs. Ils ont été choisis par le gouvernement japonais pour l’épreuve dite du Battle Royale, à l’issue de laquelle un(e) seul(e) d’entre eux survivra. Que le massacre commence !

 

Presque 20 ans après sa sortie, le film de Kinji Fukasaku (Les évadés de l'espace, Virus) balance toujours autant les bastos et les coups de couteau sur de jeunes étudiants débarqués sur une île déserte avec l'objectif de se massacrer, afin qu'il n'en reste plus qu'un, non pas Highlander, mais le gagnant de ce jeu sordide pour régler les relations exécrables entre la jeunesse et les adultes. Une solution radicale en guise de réponse au désarroi d'une société.

Adapté d'un roman et scénarisé par le propre fils du réalisateur Kenta Fukasaku (il terminera la réalisation de la suite Battle royale : Requiem en 2003 après le décès de son père), le long-métrage reste un brûlot par l'absurde des méthodes expéditives et extrême pour contraindre une jeunesse rebelle. Battle royale, qui préfigure déjà la vague des Hunger games et autres succédanés jusqu'aux télé-réalité, n'y va pas de main-morte et démastique la quasi totalité de son casting de manière sanglante et frontale.

Adossé à des airs de musique classique lui donnant des allures de tragédie grecque, le film des Fukasaku résonne encore aujourd'hui de cette folie destructrice et enchaîne les morceaux de bravoure comme celui du phare face à cette jeunesse perdue et encore enfantine. Au milieu de ce chaos indescriptible, les amours et les sentiments se mettent à jour au moment même où la mort frappe à la porte. Paradoxe d'une société où il est impossible de communiquer. Cornaqués par leur ancien professeur irascible et brutal Kitano (Takeshi Kitano, Zatoïchi) et des militaires venus faire respecter l'ordre, le massacre se déroule en toute intimité dans ce pamphlet contestataire et ultra-violent.

 

 

I SEE YOU – Etats-Unis – 2019 - Adam Randall

 

En compétition

 

Pitch : Sale période pour l’officier Greg Harper. Sa femme l’a trompé, son ado de fils tire la tronche, et la disparition d’un jeune garçon rappelle en loin une affaire similaire, censément bouclée il y a 15 ans. Et comme si ça ne suffisait pas, de drôles d’événements surviennent dans sa luxueuse maisonnée.

 

Remarqué avec son premier film IBoy en 2017, le britannique Adam Randall se retrouve aux commandes de ce thriller domestique américain aux atours très classiques mais perclus de retournements de situations inhérents à ce genre de productions policières. La force du film est de proposer une entame où un enfant disparaît de façon très étrange entretenant l'idée d'un Deus ex machina fantastique. D'autant plus que dans sa première moitié, le scénario appuie sur les séquences où les objets de la maison disparaissent, la télévision s'allume toute seule ou des bruits de pas font penser à un maison hantée.

En écho de la disparition de plusieurs enfants, le quotidien de Jackie (monolithique Helen Hunt, Twister) est menacée par son infidélité récente, un mari policier Greg (Jon Tenney, Légion : l'armée des anges) qui est justement chargé de l'enquête sur les enfants disparus) et un adolescent Cole (Judah Lewis, héros de The babysitter) en rébellion suite au conflit ouvert entre ses parents. Bref, cette famille en lambeaux subit les événements sans trop comprendre. En fait, le film est séparé en deux partie. Dans la deuxième, on découvre l'origine de ces bouleversements en revivant les mêmes scènes sous ce nouveau prisme.

Filmé correctement et appuyé sur un scénario solide, I see you déboule avec plaisir sur les plantes bandes du film de genre, à commencer par le home invasion et se permet même de tordre son scénario pour lui donner des airs d'école buissonnière. A savoir, aller vers un terrain qu'on ne lui connaissait pas qui ne peut être déflorer sous peine d'absence de surprise. Dans l'ensemble, il n'y aura donc rien à redire formellement même si le scénario très capillotracté enchaîne les rebondissements jusqu'à l'ultime séquence, pour un long-métrage divertissant au concept intéressant et bien foutu.

 

3,5/6

 

 

GUNDALA – Indonésie – 2019 - Joko Anwar

 

Hors compétition et en présence du réalisateur

 

Pitch : Depuis tout petit, Sancaka attire la foudre lors des orages, et se voit dès lors doté d’une force surhumaine. Il n’utilise son don qu’avec la plus grande parcimonie, et tente de survivre dans les rues en faisant profil bas. L’émergence de super vilains lui fera néanmoins endosser le costume de Gundala…

 

Présenté par un Joko Anwar (Modus anomali) souriant et heureux d'être sur la scène du Max Linder, son nouveau long-métrage s'apparente à un film de super-héros à la sauce indonésienne, même si le générique initiale et la séquence post-générique copient allègrement les tics de l'industrie hollywoodienne et notamment de son plus célèbre représentant, Marvel. Créée en 1969 par Harya Suraminata, Gundala fait partie de la Société de Comics Indonésienne BumiLangit Cinematic Universe forte de plus d'un millier de super-héros !

Ce premier épisode pose donc les jalons et présente l'origine de son héros, naît dans une famille pauvre et abandonné par sa mère, alors que son père a été tué par la police lors d'une émeute ouvrière. Un background incontournable et utile pour amener le personnage de Sancaka vers son destin hors norme. Car à l'âge adulte, Sancaka (Abimana Aryasatya, The night come for us) devient Gundala un héros qui tire ses pouvoirs de la foudre l'ayant déjà frappé étant petit.

En un peu plus de deux heures, Joko Anwar (également scénariste) pond une histoire à peu près réaliste, prenant le temps de développer son personnage enfant et accélérant sur la fin quand le besoin s'en fait sentir, notamment pour justifier l'empoisonnement du riz pour la population (très drôle au demeurant). Forcément, tout ce beau monde pratique les arts martiaux et on retrouve au casting Donny Alamsyah qui a œuvré dans les films d'action indonésien bien connus comme The raid. De fait, la bonne humeur règne dans ce Gundala rythmé et au scénario à peu près tenu, malgré quelques énormités, les séquences d'action et les combats sont nombreux au milieu d'un discours politique très dur face au pouvoir en place.

La société dépeinte est corrompue et la mafia indonésienne règne sur une ville où la richesse côtoie une pauvreté extrême. D'ailleurs, Gundala se présente comme le héros du peuple, celui qui défend les opprimés. A priori fait pour débuter une franchise (vu la fin ouverte, on attend forcément une suite) qui aurait prévu de sortir 8 films d'ici 2025, Gundala s'avère divertissant sur la durée malgré quelques scories et une violence presque plus sociale que physique. On a vraiment l'impression que les coups sont retenus et que les combats sont réalisés à une vitesse limitée, sans doute pour favoriser les entrées familiales.

 

3,5/6

 

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