Changement climatique oblige, il faisait particulièrement doux devant l’entrée du Max Linder pour la 14e édition du PIFFF. Un public encore nombreux avait pris place au rez-de-chaussée et sur les deux étages du cinéma pour assister à une cérémonie d’ouverture comme souvent très sobre, avant de lancer les hostilités pour ces quelques jours de festivités avec comme plat d’ouverture le défourailleur finlandais de Nazis, et pour cet opus de soldats russes, Sisu : Le Chemin de la Vengeance (2025) de Jalmari Helander. Une entrée fracassante à tous les niveaux, avec en guise d’apéritif le court-métrage Jacques The Giant Slayer d’Aaron Moorhead et Justin Benson (Spring), une relecture de Jack, le tueur de géant à la sauce horrifique tournée pour l’anthologie Tales From The Woods.
Let’s go !
SISU : LE CHEMIN DE LA VENGEANCE – UK/Finlande/USA – 2025 – Jalmari Helander
Film d’ouverture
Pitch : En 1946, après avoir combattu les Nazis, Aatami retourne chez lui récupérer sa maison. Traqué par l’Armée rouge et par Igor Draganov, meurtrier de sa famille, il prouve une fois de plus qu’il est « l’homme qui refusait de mourir ».
Le désosseur finlandais est de retour, et il est toujours aussi véner. Non content d’avoir envoyé ad patres une légion de Nazis dans le premier Sisu en 2022, Aatami Korpi remet sa tunique tâchée de champion de l’équarrissage pour dépecer les soldats de l’Armée rouge bien décidés à l’empêcher de regagner son pays natal. Parce qu’il est comme ça l’ami Aatami, un brin chafouin surtout quand il revient chez lui après le massacre de sa femme et de ses deux enfants pendant la guerre. Tellement énervé qu’il décide de démonter les planches de sa maison pour la reconstruire ailleurs. Faut pas le faire chier quoi, et les braves militaires soviétiques lancés à sa poursuite vont en faire les frais.
On avait quitté ce héros indestructible sans se douter que, fort du succès du premier film à l’international, la société Screen Gems allait produire une suite pour une dizaine de millions de dollars et demander à son réalisateur de pousser la mitrailleuse encore plus loin. Ce sera chose faite avec cette séquelle ultra gore et spectaculaire qui, au passage, aura laissé son scénario à la traîne pour se lancer dans une course-poursuite bourrine non-stop et pour le coup, soyons honnête, hyper jouissive même si certaines situations sont complètement portnawak, dignes d’un cartoon tant elles sont irréalistes. Dans son ambiance de western polaire, de regards burinés et de plaines désertiques, ce nouveau Sisu déploie tout un arsenal de séquences d’action ébouriffantes, inventives, lisibles et bien shootées, avec même un hommage appuyé à la saga Mad Max lors d’un combat contre des motards customisés.
Pas si grave alors si le réalisme s’est carapaté, la grande attraction du film restant le fameux héros crépusculaire, toujours accompagné de son chien, et inlassablement interprété par le solide et mutique Jorma Tommila. Une sorte de mélange entre Ken le Survivant, Jésus (pour la séquence de lacération au fouet électrique) et Rambo. D’ailleurs, Jalmari Helander a été choisi pour s’attaquer bientôt à une préquelle de Rambo. Si on met donc de côté ses aspects bigger and louder et pas très finauds, Sisu : Le Chemin de la Vengeance fait le taf avec une précision toute scandinave parmi des décors naturels immersifs, porté par une caméra mettant bien en valeur les morceaux de bravoure, de baston (et d’adversaire) au milieu des regards hallucinés de son fantassin inusable capable de retourner un train entier de soldats russes, de faire décoller un char ou de se débarrasser de deux avions de chasse avec une habilité redoutable (quand on sait que l’acteur a 66 ans, on se demande comment il fait !) au point de faire applaudir toute la salle. Face à lui, on retrouve Igor Draganov (Stephen Lang) en tortionnaire soviétique sorti du goulag par un officier du KGB (Richard Brake) afin de tuer définitivement Aatami et d’empêcher de laisser perdurer son aura légendaire. L’affrontement entre les deux hommes est dantesque, brutal et les corps explosés, incendiés ou découpés s’empilent comme les crêpes un jour de chandeleur. Un véritable carnage. Au final, on ne saura jamais pourquoi il est immortel mais est-ce bien nécessaire ?
4/6
Écrire commentaire