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Vendredi 22 novembre 2019

Soirée vampires espagnols

Cette soirée consacrée au cinéma vampirique espagnol aurait pu être suivi de l’adjectif qualificatif "érotique" au vu des bandes proposées. A commencer par le sulfureux Vampyres de José Ramon Larraz (1974) et ses deux actrices aux atouts naturels bien mis en avant par le réalisateur, suivi par le plus sage El gran amor del conde Dracula de Javier Aguirre, vu dans sa version soft malgré un casting féminin lui aussi plaisant. Dommage, surtout pour l’intérêt d’un long-métrage assez inoffensif malgré les coupures de courant à la Cinémathèque interrompant le visionnage de manière intempestive.

 

Vampyres – UK/Espagne – 1974 - José Ramon Larraz

 

Pitch : Un couple de vampires lesbiennes s'attaquent aux étrangers qui ont le malheur de passer à proximité de leur manoir...

 

Le ton est donné dès la première séquence. Deux jeunes femmes sont assassinées dans le lit de leurs ébats sexuels. Devenues vampires, les donzelles désormais aux dents pointus mais jamais vraiment apparentes, occupent un vieux château dans la campagne anglaise et profitent de leur sortie nocturne pour faire de l'auto-stop. Des hitcheuses ramenant dans leur antre les futures victimes, des hommes trop heureux de l’aubaine et avides de sensation forte. Ils ne seront pas déçus du voyage. On comprend très vite que Vampyres fera dans l'érotisme et l'horreur frontales. Tourné en Angleterre, le film de l'espagnol José Ramon Larraz (Symptoms, L'infirmière a le feu aux fesses) alterne les séquences d’amour saphique et de triolisme au milieu d’une ambiance gothique à souhait, entre les murs lézardés du vieux castel et le jardin serti par des tombes antiques. Jean Rollin n’aurait sans doute pas renié quelques passages bucoliques où nos deux demoiselles parcourent la lande encore évanescente au petit matin.

Le réalisateur compose ainsi une œuvre assez fascinante, convoquant aussi bien l’horreur graphique (la mise à mort de Rupert tué à coups de couteau sous un flot de sang) que les scènes dénudées où la brune Fran (Marianne Morris) et la blonde Miriam (Anulka Dziubinska, playmate Playboy de mai 1973) exposent leurs poitrines généreuses et magnifiques à la caméra, et à des hommes présentés comme de simples faire-valoir, juste là pour servir de citerne de secours. Vampyres balance de fait du côté féministe du genre. Les femmes sont dominatrices et le scénario ne cherche pas à les juger ou à expliquer leurs actes. Elles semblent jouir sans entrave de leur condition jusqu’à épuiser les mâles sexuellement avant d’absorber leur sève vitale. Il faut dire que ces derniers sont très primaires, arrogants et machos jusqu’à l’os, à l’image des dialogues explicites en VF, et notamment le jeune couple en vacances quelques jours dans une caravane dans le jardin du château, aux premières loges des allers et venues du couple meurtrier. Malgré quelques longueurs liées à la redondance des situations, le film dégage un certain charme, une aura sensuelle rehaussée par de vrais moments sanglants pour un résultat final plutôt sympathique.

 

El gran amor del conde Dracula – Espagne – 1972 – Javier Aguirre

 

Pitch : Au XIXe siècle, des jeunes filles trouvent refuge dans un vieux sanatorium et sont tour à tour vampirisées par le maître des lieux, un docteur qui se révèle être Dracula en personne.

 

Pour une fois, Paul Naschy dépose la défroque poilue du loup-garou Waldemar Daninsky pour enfiler la cape et les canines acérées du Comte Dracula dans un petit film vampirique qui ne restera pas dans les annales outre-mesure. Il est mis en image par Javier Aguirre, crédité d'une palanquée de longs-métrages dont quelques films d'horreur comme Le bossu de la morgue avec déjà Jacinto Molina. Bref, un attelage tout désigné pour développer une intrigue très menue où notre ami Naschy se la joue hôte en la personne du Docteur Wendell Marlow, résident d'une vieille bâtisse, un ancien sanatorium. Evidemment, le Doc a les dents longues et derrière ses attentions pacifiques se cache son envie de sucer de l'artère fémorale.

Passée une introduction assez drôle, où un petit groupe de jeunes femmes accompagnées d'un bellâtre, perdent la roue de leur carrosse tandis que le cocher est tué par les chevaux (et une petite embrassade furtive dans les bois), les protagonistes investissent la demeure sans se douter des futures péripéties. Si elles avaient su ce qui les attendait, elles n'auraient peut-être pas franchi les portes du château, à l'instar du spectateur légèrement endormi par un scénario très simpliste consistant à transformer l'ensemble du casting en vampires, et in fine, ramener la fille de Dracula à la vie. Louable, mais le script prend quelque peu la poudre d'escampette à mesure où le fameux comte tombe amoureux d'une des jeunes filles en vadrouille. D'ailleurs, Dracu ne laisse pas insensible une autre donzelle faisant tout pour tendre son cou vers l'inconnu.

Le problème majeur du film reste son manque de rythme, la répétition des séquences de dialogues amoureux ou de transformations en créatures de la nuit. Pourtant, la photographie est très belle et les vampirettes déambulant au ralenti dans le jardin ou dans les couloirs du château nimbés de brume ont plutôt fière allure. Les meilleurs moments du film impliquent un agent des pompes funèbre mué en créature de la nuit qui, planqué dans les recoins du château, surgit de nulle part pour attaquer les visiteurs. De belles scènes horrifiques agrémentées de morts violentes à l'image d'un empalement. Malgré un Naschy qui tente de donner le change dans un rôle très anémié, la récolte est bien maigre surtout quand on visionne le film dans sa version épurée de tout insert érotique. Sans apporter grand-chose à l’histoire, la bande complète aurait permis de se satisfaire des formes aguicheuses des actrices telles que Haydée Politoff ou Ingrid Garbo. En effet, censure ibérique oblige, il existe apparemment une version bien plus dénudée où nos affriolantes voyageuses pratiquent le touche-minou dans une piscine, allongées sur un autel pas très catholique, avant de finir attachées et fouettés dans une crypte. Une autre ambiance plus Sadienne qui doit bien relever la sauce très prude de El gran amor del conde Dracula. Si la dernière partie est vite emballée et presque incompréhensible, il est à noter la mort très surprenante et amusante du comte, méritant peut-être à elle seule la vision du film (et sans doute aussi pour sa version déshabillée).

 

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