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2e jour à l'Etrange festival

On rentre dans le vif du sujet avec deux films pour la journée. Ultrasound de l’américain Rob Schroeder, sorte de trip SF en forme de manipulation mentale pas vraiment maîtrisé, et le très attendu Prisoners of the Ghostland du duo Sono Sion, Nicolas Cage dans lequel notre acteur préféré joue les héros avec un seul testicule.

 

 

ULTRASOUND– Sous-Matrix – USA – 2021 - Rob Schroeder

 

En compétition

 

Pitch : En trois lieux différents, des personnages font chacun l'expérience d'étranges événements sans lien les uns avec les autres, à moins que...

 

Basé sur un roman graphique du nom de Generous Bosom, écrit par le dessinateur Conor Stechschulte (également au scénario), Ultrasound est un film très étrange qui puise son inspiration dans les romans d’anticipation et les films de manipulation des années 70, source inépuisable d’histoires. Glen (Vincent Kartheiser, connu pour la série Mad Men) tombe en panne sous la tempête et trouve refuge dans la maison d’Art (Bob Stephenson, Lady Bird) et de son épouse Cyndi (Chelsea Lopez). Sur place, Art convainc Glen de passer la nuit avec sa femme et quelques semaines plus tard, le mari débonnaire sonne à la porte de son amant de fortune pour lui annoncer que Cyndi est enceinte. De par son atmosphère bizarre et des sensations de perte de mémoire Ultrasound laisse planer le doute dans cette entame digne de La Quatrième Dimension. Sauf que si les intentions sont louables, le film ne décolle jamais, la faute à un scénario confus multipliant les personnages et les scènes incompréhensibles sans les clés du décodage à disposition.

Le problème principal du premier long-métrage de Rob Schroeder, faisant office de producteur, est son ambitieux trop importante au regard de son budget certainement réduit et de son script à tiroirs dont la première moitié s’avère hermétique. D’autres personnages apparaissent comme Katie (Rainey Qualley) et le Sénateur Harris (Chris Gartin) avec lequel elle entretient une relation extra-conjugale. La pelote de l’intrigue a du mal à se dessiner malgré l’apparition de Docteurs semblant pratiquer des expériences sur ces personnages grâce à l’utilisation d’ultrasons afin de leur faire retrouver la mémoire. Les séquences redondantes où les acteurs ressassent des dialogues déjà rédigées n’aident pas non plus à s’intéresser au sujet. Et si la réalité n’était pas celle que l’on croit ?

Dans la deuxième partie, le réalisateur tente de recoller les morceaux de l’intrigue avec l’interaction des différents personnages dont la véritable identité se fait jour autour de l’élection du Sénateur Harris. Et il semblerait bien qu’un subterfuge de masse, avec l’aide d’Art pas étranger à tout cela, soit la raison de la mise en place de cette expérience humaine sur quelques hommes et femmes. Malheureusement, malgré les bonnes volontés la mayonnaise ne prend jamais, le spectateur étant définitivement resté à quai de l’intrigue, sans attache avec les héros du métrage et une absence de compréhension nuisible à l’intérêt de l’entreprise. Si le climax montre les multiples ressorts de la manipulation qui pourrait presque faire penser à un ersatz de Matrix, Ultrasound reste inaudible sur la longueur avec son centre de recherches hi-tech et ses trois chercheurs, une réalité alternative sous la forme d’un puzzle et les protagonistes principaux traités comme des souris de laboratoire. Tout ça pour ça nous aurait dit Claude Lelouch.

 

2,5/6

 

 

 

PRISONERS OF THE GHOSTLAND – Escape from Tokyo -USA/Japon – 2021 – Sono Sion

 

En compétition

 

Pitch : Samourai Town. Dans un futur post-apocalyptique, Hero, un braqueur de banque (Nicolas Cage) est libéré par le gouverneur, qui le charge de retrouver sa fille adoptive disparue. Hero n'a que très peu de temps pour déjouer les embûches de Ghostland, car au bout de quelques jours le costume en cuir qui lui colle à la peau explosera, et lui avec...

 

Sur le papier, le combo Sono Sion/Nicolas Cage était des plus alléchants. La réalité est plus prosaïque. Prisoners of the Ghostland est loin d’être la bombe annoncée, le film de l’auteur de Suicide Club ou Antiporno n’explose jamais malgré son sujet et son scénario de western post-apocalyptique. Présenté en début d’année au festival de Sundance, le dernier opus en date de Sono Sion, et première production américaine, fut finalement tournée au Japon suite au problème cardiaque de son réalisateur et la volonté de Nico Cage de monter le projet à tout prix sans le reporter.

En d’autres temps et d’autres lieux, on aurait dit que Sono Sion avait pompé son pitch chez John Carpenter car son intrigue minimaliste ressemble étrangement à celle de New-York 1997. Snake Plissken est ici remplacé par Nico Mandy Cage, sorti par les autorités de sa prison suite à un braquage de banque ayant mal tourné, pour se lancer à la recherche de Bernice (Sofia Boutella, Climax), la fille adoptive du Gouverneur (Bill Moseley, The Devil's Rejects). Pour réaliser sa mission, notre héros est revêtu d’une combinaison noire reliée à des explosifs susceptibles de se déclencher s’il agresse la jeune femme et ne la ramène pas dans les cinq jours. Un prétexte finalement à balancer notre Nico face à des samouraïs, des cow-boys et une communauté vivant dans le quartier interdit du Ghostland.

Entre situations absurdes, ritournelles obsédantes et une tonne de figurants jouant les animateurs dans les rues, Prisoners of the Ghostland mélange les influences à la fois américaines (le western) dans un écrin asiatique (les films de sabres japonais) avec en toile de fond la crise nucléaire à l’origine de ce chaos apocalyptique, montrée de manière enfantine grâce à des cartons dessinés. Etrangement, le film n’est jamais complètement barré, oublié par son intrigue de bas niveau et la présentation d’un monde proche de celui d’un Jodorowsky à grands renforts de personnages grimés et d’un décor ravagé au centre duquel trône une énorme horloge dont des forçats du quotidien bloquent les aiguilles du temps afin d’éviter une explosion. Au-delà de la réflexion et de la dénonciation sur les effets de la bombe atomique dans un pays encore plus conscient que les autres des conséquences d’un tel cataclysme, le film ne raconte pas grand-chose et tourne régulièrement à vide.

Seul Nicolas Cage semble investi et joue de son personnage à fond en cabotinant avec son humour habituel et quelques séquences bien fun à l’image de l’explosion d’un de ses testicules suite à un désir sexuel impromptu. La couille entre ses doigts fait rire mais elle est perdue au milieu d’un vide sidéral et des répliques déclamées sans réels enjeux. Certes, le cinéma de Sono Sion est anticonformiste mais on aurait pu s’attendre à un traitement beaucoup audacieux avec la présence d’un acteur si charismatique quand il harangué la foule ou affronte ses adversaires sur la fin accompagné d’une lame insérée dans son bras et son casque de football américain. Mais à l’instar d’autres personnages sous-exploités comme Tak Sakaguchi (Versus) ou Nick Cassavetes (acteur et surtout réalisateur de quelques films comme John Q) ayant l’air de traîner leur peine, Prisoners of the Ghostland reste atone et sans émotion jusqu’au bout malgré une baston finale, elle-même shootée sans ampleur ni envie. Un comble pour un tel projet qui aurait partir sur les terres de la folie dans ce monde mad-maxien en diable et ses freaks en puissance. Très décevant malgré l’explosion de couille et quelques punchlines d’un Nico toujours aussi fumé.

 

3/6

 

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Adrien (mercredi, 15 septembre 2021 15:31)

    La vache, Ultrasound évoque *vraiment* les bouqins de SF d'anticipation jusqu'à son affiche: ça a juste l'air super chiant et milles fois rabâché ! :D

    Merci pour ton avis sur Ghostland, et c'est l'énième preuve qu'il ne faut jamais JAMAIS croire le hype Internet à propos d'un film. Un hype de toute façon manufacturé par la prod et l'access media, comme c'est devenu une habitude. Aux images de la bande-annonce, j'ai surtout envie de dire que c'est du Sono Sion pur jus (un petit côté Tokyo Tribe dans l'esthétisme et l'hystérie apparente) et je suis pas surpris qu'il n'y ait rien de plus là-dedans. Au moins y a Sofia et Nic, c'est déjà ça j'imagine...

  • #2

    Roggy (jeudi, 16 septembre 2021 11:11)

    C'est exactement cela. Une sous version de Tokyo Tribe sans aucune folie et pire, où il ne se passe rien. Dommage pour notre Nico et la belle Sophia Boutella :).