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11e jour à l'Etrange festival

Avant dernière journée à l'Etrange festival avec trois films au menu qui en font une des meilleures journées du festival avec la première adaptation du roman de H.G. Wells, L'île du Docteur Moreau de 1932, un film américain d'enfermement sanglant (Pet) et enfin la grosse d'action asiatique Headshot des Mo Brothers.

 

L'ILE DU DOCTEUR MOREAU – Fantastique – USA - 1932 – Erle C. Kenton

Présenté par Jack Coleman, du groupe Killing Joke, dans le cadre de sa carte blanche.

 

Pitch : Rescapé d’un naufrage, Edward Parker est amené sur une île dirigée par l’inquiétant Docteur Moreau, peuplée d’étranges créatures.

 

Première adaptation du roman de H.G. Wells datant de 1896, L'île du Docteur Moreau est une production Paramount (pour concurrencer la Universal) réalisée par Erle C. Kenton, qui oeuvrera plus tard sur d'autres titres fantastiques comme House of Frankenstein ou House of Dracula. Le film sera dénigré par Wells parce qu'il en éludera le côté « classe sociale » du roman au profit de thématiques plus horrifiques et de la présence de personnages féminins. On comprend mieux alors pourquoi il fut interdit en Angleterre jusqu'en 1958, tant le film développe des thématiques dérangeantes sur la vivisection animale mais aussi sur la façon dont il met en avant la côté sensuel féminin qui a sans doute choqué la censure à l'époque.

En effet, pour un film du début des années 30, le ton est assez libre et on découvre cette île mystérieuse transformant les animaux en humains (ou presque) puisque le fameux Docteur interprété par Charles Laughton, acteur surtout connu pour avoir tourné La Nuit du chasseur en 1955, ne parvient pas à réaliser la symbiose parfaite entre les deux genres. Il profite de l'arrivée d'Edward Parker (Richard Allen) pour tester sa dernière création, Lota (Kathleen Burke) femme-panthère aux atours féminins mise en lumière par un bikini et cherchant à émoustiller Parker. Moreau n'hésite pas à la jeter dans les bras de ce dernier pour prouver qu'il a créer la femme parfaite. On imagine la censure voyant cet homme embrasser cette femme-animal très peu vêtue.

Bela Lugosi sous son maquillage
Bela Lugosi sous son maquillage

Le personnage de Moreau est ici présenté comme un mélange entre le Docteur Frankenstein et la figure du savant fou se prenant pour Dieu grâce à ses créations, se permettant de martyriser ses « enfants » dans la "maison des souffrances" où il pratiques ses méfaits et d'où il émane de longs cris stridents de douleur. Des créatures hybrides issus d'animaux comme le chien, le lion ou le singe aux maquillages particulièrement réussis pour l'époque, dont on a bien du mal à reconnaître l'immense Bela Lugosi en meneur de la fronde contre le Docteur. Car ce dernier mène au fouet sa troupe de parias, vivant dans un village à l'écart de sa demeure, au son de règles apprises par cœur par ces êtres mus désormais en monstres mais surtout en esclaves au service de la folie d'un homme.

Dans un noir et blanc magnifique et sur une île à l'exotisme exacerbé, L'île du Docteur Moreau remplit son rôle de film d'aventure avec une pointe d'épouvante mais toujours avec humour, notamment dû à la maladresse involontaire des créatures et au personnage du Docteur Moreau auquel Charles Laughton apporte une touche espiègle et subversif. Très avance sur son temps dans son ambiance, le métrage développe également des thématiques science-fictionnelles sur le clonage ou l'hybridation comme une résonance aux questions sur l'éthique contemporaine.

 

4/6

 

 

PET – Horreur – Etats-Unis/Espagne - 2016 – Carles Torrens

Pitch : Seth, trentenaire maladroit et inquiétant, tente de séduire Holly, une serveuse, mais échoue lamentablement. De plus en plus obsédé par la jeune fille, Seth kidnappe Holly et l’enferme dans une cage au refuge animalier où il travaille.

 

Carles Torrens a réalisé quelques films qui sont passé inaperçus mais s'est fait surtout connaître avec Emergo, métrage d'épouvante mexicain qui avait émergé en 2011. Il revient avec Pet, film avec un casting américain et un budget plus conséquent, embrassant plusieurs genres dont celui de l'enfermement et du désir refoulé, recouvert par un tapis de séquences chocs et sanglantes.

Le film débute en suivant le personnage de Seth (Dominic Monaghan, Le Seigneur des anneaux, la série Lost) vivotant grâce à son travail dans un chenil dans lequel il entretient des relations particulièrement tendres avec ses pensionnaires. Son destin bascule pourtant lorsqu'il rencontre la très belle Holly (Ksenia Solo, Black Swan, la série Orphan Black) dont il s'éprend et va commencer à harceler en essayant de lui plaire. Pas facile pour ce solitaire maladroit ressemblant plus à un psychopathe qu'à un séducteur.

Très vite, on comprend les projets de Seth qui, faut de pouvoir séduire Holly, va la séquestrer dans une cage dans les sous-sols du chenil, pour s'en occuper comme les chiens au-dessus. Si le film reste classique dans sa conception et sur la thématique de la femme prisonnière d'un fou amoureux d'elle, l'originalité et de fait la force de Pet est de proposer un retournement de situation et un twist en plein milieu du film pour expliquer les choix de l'agresseur. Une presque justification de l'enfermement comme si les rôles étaient renversés pour un jeu du chat et de la souris très réussi.

En plus de cette idée intéressante sur le désir et la possession, Pet se pare d'un visuel très violent et n'hésite pas à montrer un ongle qui se casse, un membre coupé ou une tête écrasée avec un humour noir assez jouissif. Si la mise en scène est sobre et efficace, il faut signaler la qualité de l'interprétation des deux acteurs principaux même des seconds rôles à l'instar du très drôle gardien de nuit du chenil. Le réalisateur ne nous épargne donc rien mais cela reste au service l'histoire dans ce film étonnant dans la tournure qu'il prend.

Au final, Pet est une bonne surprise du fait de son originalité, de ses acteurs (Dominic Monaghan arrive à être à la fois menaçant et comique) et ce, malgré des facilités de scénario qu'on voit venir assez rapidement. Néanmoins, le film s'avère divertissant et parvient à renouveler le genre en développant le background des personnages, et en particulier celui d'Holly (qui porte bien son nom), et progressant régulièrement dans son histoire pour un dénouement qui pourra interroger sur la nature même de sa véracité.

 

4,5/6

 

 

HEADSHOT – Baston – indonésie - 2016 – Mo Brothers

Pitch : Blessé, Ismaël se réveille à l’hôpital sans aucun souvenir. Amnésique, il va être soigné par Ailine, une étudiante en médecine. Mais cette dernière est enlevée, et Ismaël fera tout pour la retrouver.

 

Retour aux affaires pour les Mo Brothers (Kimo Stamboel & Timo Tjahjanto), après leurs remarqués Macabre et Killers, avec ce film d'action pure hyper violente où les coups portés font aussi mal à l'écran que dans la salle. Une petite bombe à fragmentation pas dénuée de défauts scénaristiques mais à l'explosion de violence des plus jouissives, avec une première scène choc dans une prison qui préfigure déjà ce que sera la suite du métrage.

Headshot est bourré de gunfights sanglants et de coups de tatanes à foison avec un réalisme comme on le voyait déjà dans Ong Bak. En plus ici, on a droit à des combats d'une extrême violence à l'issue forcément sanglante. Pour en arriver là, les Mo Brothers se sont entourés d'une partie du casting de The Raid 2 de Gareth Evans, suite d'un excellent petit film de baston qui avait émoustillé la planète entière. Rebelote avec Headshot où on retrouve Iko Uwais dans le rôle d'Isamël (The Raid, Merantau) dans le rôle du gentil qui, après avoir reçu une balle dans la tête, se retrouve à l'hôpital et se réveille sans aucun souvenir.

A ses côtés, mais de l'autre côté on retrouve Very Tri Yulisman, l'homme à la batte de baseball dans The Raid, dans le rôle d'un charismatique chef d'une bande de truands. Il est, entre autre, accompagné de Julie Estelle, qui promenait déjà ses courbes longilignes dans The Raid 2 (la femme aux marteaux) et dans Macabre. Des personnalités qui, faute de sortir de l'Actors studio, apportent leur capacité hors du commun pour les arts martiaux dans ce film privilégiant l'action au détriment d'un scénario très basique. Ismaël doit retrouver celle pour qui fait battre son cœur et qui a été kidnappée par ses anciens associés.

Et c'est parti pour deux heures d'actions et de violence entrecoupés de scènes d’exposition et de dialogues ralentissant le rythme et quelquefois aux enjeux limités et à l'esthétique de comédie romantique. Malgré cela, Headshot est un pur bonheur de cinéphile déviant pour l'amateur de castagne puissance 1000. D'autant plus que la caméra fluide des Mo Brothers magnifie les chorégraphies souvent ingénieuses des combattants. A cela, il faut ajouter la violence graphique qui tâche l'écran d'un rouge sang rarement vu dans ces productions. Les têtes explosent sous les coups de poings, les membres sont cassés et retournés dans un fracas qui transpire par delà le rectangle blanc.

On est bluffé par les scènes d'action et notamment deux moments d'anthologie du film. Au début, la séquence dans le bus est un parangon de virtuosité et d'agressivité dans les assauts où tous les éléments extérieurs peuvent servir d'armes à l'image d'une douille (comme déjà la scène du taxi dans Killers). La meilleure séquence du film reste sans doute l'attaque du commissariat qui, dans sa fureur démentielle, explose tous les codes du film de baston dans son intensité et la puissance qui s'en dégage. Headshot mérite la vision pour uniquement ses deux scènes magnifiques visuellement.

Des séquences tellement fortes que la dernière scène d'action attendue semble plus faible entre Ismaël et le Boss comme dans un jeu vidéo. Un lien évident puisque le script multipliant les affrontements successifs sans vraiment se soucier de développer ses enjeux. Car, lorsqu'il le fait, le soufflet retombe assez vite. Pourtant, Headshot s'avère un uppercut dans la face, une claque de bourrinage maîtrisé et jouissive tant les frappes font mal comme si on les prenait nous même.

 

4,5/6

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Commentaires: 6
  • #1

    Rigs Mordo (dimanche, 18 septembre 2016 14:42)

    Une belle sélection visiblement! Honte à moi, pas encore vu le Island of Lost Souls alors que ça fait des années que je me dis que je dois me l'acheter... Le Pet ne me branche pas trop (pas mon genre de films) mais par contre tu vends bien Headshot, ça semble taillé pour moi ça ! Beau report l'ami !

  • #2

    Roggy (dimanche, 18 septembre 2016 14:45)

    Il faut absolument que tu vois cette première version de "L'île du Docteur Moreau" qui est bien différente des suivantes. Quant à "Headshot", tu devrais te faire plaisir à visionner ces moments de bravoure et d'action :)

  • #3

    Alice In Oliver (lundi, 19 septembre 2016 19:49)

    Bien envie de voir et de découvrir cette première version de l'île du Dr Moreau, aux thémqtiques visionnaires et passionnantes

  • #4

    Roggy (lundi, 19 septembre 2016 23:49)

    Certainement, une des meilleures adaptations du roman de Wells.

  • #5

    Avel (mardi, 27 septembre 2016 10:38)

    Ah, j'ai tellements de bons osuvenirs avec Merantau et Ong Bak que j''ai envie de voir "Headshot" !
    Je note également "Pet". En plus j’adore l'actrice (découverte dans la série "Lost Girl" :) )

  • #6

    Roggy (mardi, 27 septembre 2016 18:30)

    Ces deux films devraient te plaire alors :)