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1er jour : Cérémonie d'ouverture

 

Et voilà, c'est reparti ! L'Etrange festival a ré-ouvert ses portes pour sa 22e édition forte de 142 séances potentielles avec toujours autant de bizarreries et de films différents. Votre serviteur a repris son bâton de pèlerin cinéphilique pour une trentaine de films et autant de comptes-rendus à venir. Une ouverture notamment en présence d'Alejandro Jodorowsky qui, grâce à quelques mots sur la liberté et le cinéma, a lancé le festival en poésie.

 

Avant le film d'ouverture, nous avons eu droit à un court-métrage d'animation, Decorado de l'espagnol Alberto Vasquez (qui présente aussi un long-métrage au festival, Psiconautas) dans lequel un petit ourson se pose la question de sa propre réalité avec un humour décalé et irrévérencieux.

 

Le film d'ouverture, The Darkness (Las tinieblas) était présenté, en première mondiale (en remplacement de dernière minute du film annoncé, Rupture), par son réalisateur Daniel Castro Zimbrón et son acteur Brontis Jodorowsky, qui n'est autre que le fils du grand Alejandro.

 

The Darkness - Fantastique – Mexique-France – 2016 – Daniel Castro Zimbrón

Pitch : Le jeune Argel vit reclus dans une cabane perdue dans une forêt entourée d'un brouillard menaçant, avec son père, sa sœur Luciana et Marcos, son grand frère. Quand ce dernier disparaît mystérieusement, Argel va tout mettre en œuvre pour partir à sa recherche

 

The Darkness est un film assez étrange dans la mesure où le réalisateur ne donne pas facilement les clés pour comprendre les événements dépeints, certes avec une esthétique réussie, mais aussi avec une sorte d'hermétisme narratif. En effet, on ne sait jamais vraiment où on est et quels sont véritablement les problèmes de cette famille qui vit recluse dans une cabane au fin fond d'une forêt, semblant habitée par un monstre de conte de fée. Une filiation enfantine qui irise le film tout du long entre fantasme et réalité.

Dès la 1ère scène on se demande pourquoi le père, Brontis Jodorowsky (El Topo, Poésie sans fin) enferme à double tour ses trois enfants dans la cave comme si on avait à faire à un tortionnaire. Or, c'est pour les protéger de l'arrivée d'un monstre qui secoue la maison comme une tornade à grand renfort d'un bruit sourd venu d'outre-tombe. Très vite, le décor est planté et le réalisateur délimite déjà les contours de son film. Un huis-clos où les journées sont rythmés par la recherche de nourriture du père partant chasser quotidiennement.

Si Daniel Castro Zimbrón ne donne pas de réelles explications, il faudra lire dans les détails à l'instar du masque à gaz porté par tous ceux qui sortent comme si l'air extérieur était contaminé, ou des vêtements moyenâgeux utilisés. On se doute bien que des événements apocalyptiques se sont déroulés dans un passé plus ou moins récent (ils retrouvent une voiture abandonnée et décatie dans la forêt) tandis que régulièrement la petite famille se cloître en prévision de l'arrivée de la bête.

Tourné en lumière naturelle, The Darkness est une sorte de conte fantastique avec un fond de post-apo qui renvoie au récent The Survivalist pour son existence dans les bois ou encore The Witch notamment pour le côté mystérieux qui se dégage de la nature et de la disparition d'un des enfants. Avec peu de moyens, Daniel Castro Zimbrón instaure un vrai climat anxiogène lorsque la brume recouvre progressivement les bois entourant la maison d'un halo de torpeur. En revanche, même si le film est bien écrit, il manque cruellement d'enjeux et de rebondissements pour intéresser totalement le spectateur après avoir planté le décor.

Son rythme lent et le peu d'informations fournies ne facilitent pas l'immersion au sein d'une histoire au potentiel important. A l'image des personnages dans le film, on tourne un peu en rond dans la cabane entre la petite fille souffreteuse (à la ressemblance d'un personnage Del Torien) et son frère bien décidé à découvrir où est passé son frère, parti seul dans la forêt, et ce qui se trouve hors les murs. Faute d'un budget conséquent, le script a du mal à développer des thématiques autres que l'enfermement et les relations entre un père protecteur et ses enfants emprisonnés, malgré l'arrivée de nouveaux personnages. Un apport extérieur intriguant mais qui n'apporte pas forcément un renouvellement au récit.

De temps à autre, le réalisateur lance quelques pistes notamment au travers des rêves des personnages qui, enfin, sortent virtuellement de leur cocon familial pour des scènes fantasmagoriques qui ne se perpétuent pas par la suite dans un quotidien erratique et monotone. Des ouvertures aux relents fantastiques non exploitées. On saluera néanmoins la qualité de l'interprétation et la beauté des images dans The Darkness où il faudra accepter une ambiance de conte maléfique au rythme lent, dans un univers naturaliste et minimaliste post fin du monde.

 

3,5/ 6

 

Attack of the Lederhosenzombies – Comédie horrifique – Autriche – 2016 – Dominik Hartl

Pitch : Un groupe de jeunes snowboarders se retrouve bloqué dans une station de ski. La fête qu’ils préparent est troublée par l’apocalypse zombie à venir..

 

Si la Norvège a ses zombies dans la neige avec Dead Snow, il en est de même désormais pour l'Autriche avec Attack of the Lederhosenzombies, puisqu'on retrouve les mêmes ingrédients que chez les Scandinaves, les soldats nazis morts-vivants en moins mais la musique Tyrolienne en plus. Pour le reste, le film commence de manière très classique pour un Zombie flick avec l'origine de la contamination, en l'occurrence une substance verdâtre destinée à fabriquer de la neige artificielle dans une station de ski autrichienne, et inhalée par inadvertance par un investisseur russe.

Le début du film est ainsi assez réussi notamment avec la scène de l'arrivée de l'équipe de snowboarders, les héros du métrage, dans une séquence très gênante pour eux et très comique pour nous. On se dit alors que cette comédie zombiesque part sous les meilleurs auspices comme ses illustres, et pléthoriques, aînés. Hors, rapidement, le scénario fait du hors piste et s'enfuit inexorablement au fin fond de la montagne autrichienne, laissant les protagonistes à leurs malheurs. Dès que les héros se retrouvent dans la taverne montagnarde, leur caractérisation s'évapore comme neige au soleil et on sent bien que le seul but du réalisateur est de nous balancer ses effets visuels sanglants.

Au son d'une musique locale et de schnapps en grande quantité, la population se transforme rapidement en tueurs sanguinaires au point qu'il ne reste plus très que quelques survivants dont les snowboarders et la patronne Lorelei du bar à forte poitrine et nattes blondes. Leur seul objectif, s'enfuir et redescendre dans la vallée. A partir de ce moment-là, le scénario se contentera de multiplier les scènes de dézinguage de zombies grâce à des effets spéciaux bien sanglants. On a donc aussi droit au classique armement de la troupe pour trucider du zomblard. Petite nouveauté ici, l'utilisation des snowboards comme engins tranchants et armes contondantes.

Si le scénario se fout de l'unité de temps et de lieu, il se concentre uniquement dans sa deuxième partie sur la bataille entre les humains et les zombies, comme le faisait, avec brio et humour, le court-métrage Fist of Jesus. Et il faudra reconnaître que les effets gores sont plutôt foisonnants et délirants. Les têtes volent ou sont fendues en deux, tels que les corps particulièrement maltraités. A noter aussi de bonnes idées comme le fait que les zombies s'arrêtent de marcher au son de la musique ou le personnage qui se retrouvent avec deux bâtons de skis plantés dans la tête, ce qui génère les meilleurs gags du film.

Certes, ce débordement de bidoches et d'entrailles est amusant mais il manque de liant comme si des scènes avaient été enlevées (le film fait à peine 1h15 et le budget doit être passé dans les effets visuels). Dommage, car même si Attack of the Lederhosenzombies n'avait rien de révolutionnaire, il aurait pu emprunter des pistes différentes comme par exemple un traitement accentué de la zombification des animaux et en particulier de biches voraces et animatroniques. Des séquences rafraîchissantes (il y a même un petit lien avec le Dernier train pour Busan !) perdues au milieu d'un film qui se délite au fur et à mesure, multipliant les plans gores au détriment d'une histoire quelque peu construite. Autant se retaper les biens meilleurs Cooties ou Stung vus l'an dernier à l'Etrange festival.

 

3/6

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Commentaires: 6
  • #1

    Rigs Mordo (jeudi, 08 septembre 2016 13:30)

    Tu te tapes déjà deux films visiblement bien opposés! Le deuxième serait plus susceptible de m'intéresser que le premier, à te lire, mais en fait c'est surtout le truc de l'ourson du tu parles au début qui semble sympa ahah! Bon report et cool de suivre ça via tes yeux!

  • #2

    Roggy (jeudi, 08 septembre 2016 13:36)

    Et oui, déjà deux films vus ! A mon avis, je verrai mieux dans les prochains jours et je pense que le film de zombies autrichien pourrait te plaire pour les effets gores, plus que que pour le scénario. Quant au petit film d'animation, il est assez beau et possède un propos très décalé. A bientôt pour la suite :)

  • #3

    Nola (jeudi, 08 septembre 2016 19:11)

    Voilà qui fait plaisir :) Et merci de m'aider à faire un tri ! Darkness a l'air d'avoir une très belle photographie, je l'ai prévu, et l'orgie sanglante des autrichiens est tentante, mais je crois que je passerai mon tour. Bon courage pour le rythme et à très vite !

  • #4

    Roggy (jeudi, 08 septembre 2016 23:11)

    De rien Nola si j'arrive à t'aider à faire des choix :) A très bientôt dans les salles obscures !

  • #5

    Alice In Oliver (vendredi, 09 septembre 2016 11:04)

    Pareil que Rigs, à priori, je serais plus intéressé par Attack of the Lederhosenzombies, même si le film se révèle assez décevant si j'en crois la chronique

  • #6

    Roggy (vendredi, 09 septembre 2016 11:39)

    Le film est clairement décevant dans son ensemble, malgré les effets spéciaux sanglants bien faits.