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SYNCHRONIC

 

GENRE : Tempus fugit

REALISATEUR : Justin Benson et Aaron Moorhead

ANNEE : 2019

PAYS : USA

BUDGET : ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Anthony Mackie, Jamie Dornan, Katie Aselton…

 

 

 

RESUME : Deux ambulanciers de la Nouvelle-Orléans, Steve et Denis, voient leur vie bouleversée lorsqu’ils découvrent une série de morts liées à une drogue expérimentale aux effets secondaires paranormaux. Après la disparition de la fille aînée de Dennis, Steve tombe sur une vérité terrifiante au sujet de cette soi-disant drogue qui défiera tout ce que l’on croit savoir sur les lois du temps…

 

MON HUMBLE AVIS

Cela fait un petit moment déjà que votre serviteur suit la carrière du duo ricain Justin Benson et Aaron Moorhead aperçus en festivals pour présenter leurs premières tentatives. De l’original Resolusion au magnifique Spring en passant par leur dernier essai résolument ambigu The Endless. Deux gars plutôt sympas de la génération de Jim Mickle (Stakeland) et Jeremy Gardner (The Battery), soit de l’obédience indépendante du film de genre US. Ils nous reviennent avec un thriller fantastique pointant en direction des voyages dans le temps au milieu d’une Nouvelle-Orléans encore perclus des affres de l’ouragan Katrina.

Autre changement visible à l’écran, le budget sans aucun doute plus conséquent leur permettant de s’attacher les services d’Anthony Mackie (Zone Hostile) et Jamie Dorman (50 Nuances de Grey) dans les rôles respectifs de Steve et Denis, deux ambulanciers confrontés à une nouvelle drogue faisant des ravages dans la capitale de la Louisiane. A chaque appel, ils constatent la déchéance des consommateurs entre morts violentes et mauvais trip les figeant dans le mutisme. Les deux réalisateurs étoffent leur scénario (original, faut-il le préciser en ces temps de rebootage intempestif) d’un background émotionnel fort. Steve a une maladie incurable et Denis boit trop pour pallier à sa difficulté à élever sa fille de 18 ans.

A l’instar des protagonistes, le film évolue dans une atmosphère de fin de monde où cette drogue de synthèse détruit les personnes déjà pas épargnées par des situations dramatiques faisant ressortir leurs propres turpitudes. Dans la première partie, le long-métrage se pare des oripeaux de thrillers horrifiques à la Seven pour la découverte des corps dans une ambiance qui nous rappelle les pérégrinations d’un autre ambulancier, en l’occurrence Nicolas Cage, dans l’oublié mais excellent A Tombeau ouvert de Martin Scorsese en 1999. Synchronic prend ses quartiers science-fictionnels quand Steve teste la pilule du bonheur afin de retrouver la fille de son meilleur ami, visiblement disparue après ingestion du produit. Il remonte ainsi le temps pour une durée de sept minutes lors de ses embardées temporelles.

Là encore, les auteurs doublent l’aspect fantastique d’une réflexion sur l’absence et le deuil comme si le sujet principal tournait plus autour de la mort que de l’argument de va-et-vient entre les époques. Même si on ne saisit pas vraiment comment un simple cachet permet cette catapulte spatio-temporelle, le rituel de passage s’avère réussi et poétique. A chaque traversée, Steve est propulsé dans un lieu différent en fonction de l’endroit où il a ingéré la drogue. Et les rencontres fortuites face à des mondes inconnus ne sont pas toujours sans danger (les autochtones sont souvent belliqueux). De fait, ce qui aurait pu n’être qu’une simple série B bien charpentée, alterne entre surréalisme et explications scientifiques. Denis filme ses exploits, tente de les comprendre et les vulgariser (son chien s’appelle Hawkings), nimbé d’une réflexion philosophique sur le temps et l’espace.

On pourra certes reprocher au film un sentimentalisme un peu trop exacerbé dans la dernière bobine, un petit ventre mou et peut-être une trop grande ambition au vu du scénario avec des rebondissements artificiels (certains personnages secondaires sont peu exploités). Pourtant, la symbiose fonctionne notamment entre les deux personnages principaux grâce à la qualité des effets visuels, et par là-même de la représentation fantasmagorique de La Nouvelle-Orléans. Au final, malgré ses imperfections, Synchronic remporte l’adhésion et on saluera le retour de ces deux auteurs et artisans dont la carrière pourrait prendre un nouvel élan. On leur souhaite.

 

4/6

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Pascal from Liège (jeudi, 01 avril 2021 18:20)

    Comme d'hab, belle plume (enfin beau clavier mais c'est moche comparé à belle plume...) et 100% d'accord avec toi sur cette belle petite surprise découverte il y a peu. Je trouve en sus que le duo Mackie/Dorman fonctionne bien et que les 2 sont au diapason de la réussite du film. De petites réserves que tu exposes mais un bon moment de cinoche...et de lecture pour ta chro. Des bises belges amigo ;)

  • #2

    Roggy (jeudi, 01 avril 2021 20:16)

    Content que le film t'ait plu et que tu te retrouves dans ma petite bafouille. Je pense aussi que l'alchimie du duo aide à la réussite du film dans son ensemble. Grosses bises ma petite gaufre belge :).