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THE HEAD HUNTER

 

GENRE : La tête de l’emploi

REALISATEUR : Jordan Downey

ANNEE : 2018

PAYS : USA

BUDGET : 30 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Christopher Rygh, Cora Kaufman, Aisha Ricketts...

 

 

 

RESUME : En des temps sombres et reculés, un féroce guerrier protège un royaume des monstres qui rodent tout autour. Poussé par une soif de vengeance, il parcourt ces étendues sauvages à la recherche de celui qui a tué sa fille des années auparavant. Mais sa chasse le mènera à des situations bien plus horribles qu’il ne l’avait jamais imaginé.

 

MON HUMBLE AVIS

Avec ce premier long-métrage, Jordan Downey explore les terres sombres et humides d’une fantaisie héroïque tournant exclusivement autour de la vie d’un guerrier solitaire, simplement mû par son désir de venger sa petite fille disparue sous les griffes d’un monstre sanguinaire. Une corne de brume retentit au loin et notre chevalier s’élance au combat sur son cheval avec avidité. De ce postulat très simple, le réalisateur et scénariste construit un film à la fois minimaliste mais pourtant très ambitieux visuellement, et ce malgré son budget tout riquiqui (on parle là de 30 000 $) l’obligeant à jouer sur les hors-champs et la performance de son acteur principal.

Christopher Rygh (la série The Last Kingdom) porte ainsi The Head Hunter sur ses épaules massives et paraît crédible en guerrier mutique éplorée par la mort de sa fille dont le seul objectif est de ramener la tête d’un ennemi qu’il plante au bout d’une pique dans sa cabane comme un trophée de chasse. Si le début du film s’avère lent et avare en paroles, la suite est calibrée pour développer une narration immersive où notre héros accomplit sa tâche tel Sisyphe avec une abnégation de tous les instants. De retour du combat, le spectateur n’aura droit qu’aux conséquences physiques, aux blessures soignées grâce à l’application d’un baume réparateur confectionné avec les restes des créatures.

Downey compense son manque de moyens par une photographie brumeuse et glaciale tendant vers le réalisme, au milieu de décors naturels sauvages somptueux portugais et norvégiens entrevus lors de séquences aériennes. Dans les moments plus intimes, il s’attarde sur les détails du costume de l’homme et de l’intérieur de son antre où trônent les têtes coupées de ses adversaires. Etrangement, le film fonctionne plutôt bien sans chercher une quelconque esbroufe ou tour de passe-passe. L’intrigue reste élémentaire mais jamais ennuyeuse, bien tenue sur une durée très courte (1h12 au compteur) et agrémentées d’une mise en image efficace, exploitant au maximum ses possibilités.

Il est certain qu’on voudrait en voir plus, on entend des grognements et on entrevoit l’ombre des ailes d’un probable dragon, mais The Head Hunter a la bonne idée de ne jamais se prendre pour ce qu’il n’est pas. Mieux, il iconise son héros de peu de mots qui pourrait être le cousin d’un guerrier de la Terre du Milieu, jusqu’à un dernier tiers investissant les rivages de l’horreur viscérale et violente suite à un problème de volet mal fermée. Bref, le film est monté à la sève de la série B des années 90 (avec le réveil et la transformation d’une créature aux effets visuels rudimentaires et tourné dans le noir) et les cendres encore chaudes de la fin du 13e Guerrier. Pas si mal et même rafraîchissant pour un genre pas toujours habitué à des œuvres de cet acabit avec un résultat certes modeste mais solide sur ses pattes, à l’image de son guerrier barbu décapsuleur de monstres.

 

4/6

 

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Commentaires: 2
  • #1

    princecranoir (jeudi, 04 mars 2021 10:49)

    Tu me fais vibrer avec cette Heroic fantasy à 13 mille dollars !
    J'imagine qu'il aura fallu déployer des trésors d'inventivité pour maintenir intacte la suspension d'incrédulité avec si peu de moyen et face à un tel sujet. L'affiche et la référence au "13ème guerrier" sont tout aussi prometteuses.
    Je vais m'y intéresser !

  • #2

    Roggy (jeudi, 04 mars 2021 13:10)

    Tu me diras ce que tu en penses mais c'est franchement une belle réussite au regard du minimalisme de son histoire et de son budget.